31 mars 2009

Inventaire terminé

Si vous aviez été là, vous auriez entendu un joyeux concerto de bip, de zwuit, de pfft, de zut.
Nous avons douché chaque code barre de chaque livre.
Comme les livres sont rangés serrés!

La fine équipe d'inventoristes comprenait Maryline, Jean-Claude, Silvia, Tristan et moi.
Il nous a fallu deux jours pour ziper 15 000 livres à 4 personnes par jour.

Nous avons aussi pas mal ri.
Maryline a dit qu'elle avait encore besoin de l'échafaud à la place de l'escabeau.
Jean-Claude a eu une code barre à la place de coup de barre.

Nous avons eu peur de la tendinite de l'inventoriste.

Ma fille Jeanne a trouvé que la librairie était mieux rangée pendant l'inventaire...

Nous présentons nos excuses aux clients qui ont voulu entrer dimanche et lundi mais nous ne pouvions absolument pas ouvrir.

25 mars 2009

Un mercredi bien rempli...

Maryline m'a fait la remarque: les enfants reviennent le mercredi à la librairie.
C'est une constatation joyeuse.
Voici plusieurs mercredis que le rayon jeunesse déborde de bout'choux au milieu de nos cartons pas encore déballés.
Aujourd'hui, un petit garçon pleurait pour avoir un livre, réclamait, trépignait, s'impatientait.
Il s'est transformé en ange lorsque sa maman a craqué et lui a offert l'album qu'il voulait.

J'ai demandé à Maryline des idées pour le blog.
- "Dis que la librairie est mal rangée", m'a t-elle suggéré.
Elle a raison et c'est plutôt la cata, nous serons en inventaire le week-end prochain.

Une cliente désirait acheter Chouchou d'Olivier Pollard.
Maryline est allée lui chercher Chu cho de Grégoire Polet, éd. Gallimard...en souriant.
Elle lui a raconté une anecdote qui nous fait encore rire, celle d'un monsieur qui voulait le roman Fenêtre à Venise, pas très content devant notre mine interrogative.
Finalement, il cherchait Terrasse à Rome de Pascal Quignard et nous lui avons tendu très fières de nous.

Silvia et moi sommes allées visiter La Libreria, 89, rue du Fg Poissonnière dans le 9ème. C'est une librairie franco italienne très jolie et bien rangée. J'étais impressionnée.
Le métier de Silvia est traductrice du français vers l'italien. Si vous avez des traductions littéraires à lui proposer...La" trad", c'est sa passion et elle a fait des études de linguistique.

Un client nous a demandé un conseil pour un livre à offrir à un ami. Nous lui avons montré quelques titres. Il était indécis. Et puis à un moment, il s'est décidé en disant:
-"Oh, et puis je m'en fiche, ce n'est pas pour moi!"

Tristan est arrivé

Tristan, c'est notre nouveau stagiaire.
Il prépare un DUT option Métiers du livre à Nancy mais habite le sud de la France.
Ca nous change un peu d'avoir un jeune homme.
Comme tous les mardis, j'ai à peine levé le nez tellement nous avions de boulot. Et encore Maryline avait travaillé un peu lundi.
Il a dû penser que cette librairie était dingo à moins que ce ne soit les libraires.

Un jeune homme est entré pour nous demander Harry Potter 8. Comme je me grattais la tête, très inquiète quant-à l'état de ma mémoire, il m'a dit en souriant:
- " Mais non, je rigole!"

De tenir une librairie près de la gare de l'Est provoque des situations du plus grand comique.
Ainsi aujourd'hui, un client est entré flâner un peu avant de prendre son train. Et puis soudain, il a pris conscience qu'il n'avait plus que 8 minutes pour l'attraper. Il est sorti en trombe.
Un quart d'heure plus tard, nous l'avons vu revenir, il avait râté son train et prendrait celui 35 minutes plus tard.
Nous avons surveillé l'heure pour qu'il ne le loupe cette fois-ci et nous lui avons souhaité bon voyage.
Vingt minutes plus tard, il est encore revenu. Son train était annulé. Il comptait prendre celui 45 minutes plus tard...
Bref, il a passé une bonne partie de l'après-midi avec nous.

Eu la visite de Caroline Dubois, auteur(e) chez P.O.L de C'est toi le business, paru en 2005.
Son prochain livre sortira en avril , toujours chez P.O.L et s'appellera Comment ça je dis pas dors.
Moi j'avais compris "Comment ça je dis pas dehors"...

20 mars 2009

La librairie de Michel Chandeigne

J'ai remonté la rue Tournefort dans le soleil printanier pour aller chercher quelques petits livres dans la librairie de Michel Chandeigne.
J'aime cette librairie.
Sa spécialité est la littérature portugaise. C'est un domaine inconnu pour moi, je ne suis même jamais allée au Portugal.
Mais en marge de cette spécialité, il édite des petits livres d'une trentaine de pages qu'on commence à trouver dans les librairies ( distribution Les Belles Lettres).
Un client nous avait commandé Trente-cinq minutes suivi de Trois minutes, de Marcel Cohen, un autre se désespérait, nous n'avions plus Avalois de Bernard Collin. Le réassort s'imposait.
Je suis ressortie avec en prime une enveloppe précieuse avec dedans des mots de Dominique Fourcade, Ex libris amicitiae, A la mémoire de Bernard Malle.

Nous avons vendu Le bonheur dans le mariage, de Madeleine Chapsal, éd. Fayard à un homme qui nous a demandé un paquet cadeau.
Je me suis demandé à qui destinait-il ce livre et s'il avait un message à faire passer.

Mais peut-être étais-je encore dans le souvenir de la vente précédente. Un homme voulait offrir à la femme qu'il aimait un livre. Le conseil n'était pas simple. Rien n'allait. On avait beau lui présenter tout ce que nous pensions être de bon goût, ou à message, il est finalement reparti avec Mort à crédit de Céline, éd. Gallimard pour lui. Pourtant Maryline et moi nous étions relayées. Nous n'avions pas rechigné à la tâche. Peut-être même avions nous trop cherché pour lui, le mettant dans l'embarras.
Peut-être n'était-il pas sûr de lui, de son bon goût, il n'avait pas confiance en nous ou il ne la connaissait pas assez.
Plus tard, je l'ai vu sortir de chez le fleuriste. Le choix était plus simple. Aucune faute de goût n'était possible.

Les livres d'Antoine Bello se vendent bien actuellement.
Grosse confusion sur les titres de ses livres. On nous a demandé Les Pacificateurs, Les Diffamateurs, Les Exploiteurs...
Mais l'auteur n'a pas encore écrit ces romans.
Pour l'instant seuls sont disponibles Les Eclaireurs et Les Falsificateurs, éd. Gallimard.

18 mars 2009

Le salon du livre se termine

Cette année, j'y suis allée avec ma grande fille.
A travers ses yeux, j'ai vu la vitalité des éditeurs, la richesse des stands, l'immensité du salon.
Je n'avais pas envie de fouiner pour trouver des auteurs, des livres, nous en avons déjà trop à la librairie que nous n'arrivons pas à défendre.
J'ai retrouvé une vieille copine (ou plus exactement une copine qui avait vieilli et qui a dû trouver que moi aussi), fait la bise à certaines et certains, bu du champagne au stand Truc, reçu en cadeau quelques livres dont je vous parlerai plus tard.

Dehors, le ciel était si bleu...

Impossible d'envoyer les livres commandés, la poste est fermée depuis deux jours et l'autre est trop loin. Pfft!
Et puis, j'aime bien l'un des préposés au guichet, il sait ce que c'est qu'une litote.

Les distributeurs changent tout le temps de transporteur. Nous passons notre temps à modifier nos tablettes. MPL ne nous apporte presque plus de colis.
Speed n'est pas speed.
Nous avons désormais une demi douzaine de coursiers qui passe chaque jour.
Ils sont tous sympas, on ne se plaint pas.
Mais on a surtout remarqué que le vendredi et le samedi, nous ne recevons presque plus rien.
Ce qui ne va pas du tout pour nous.Pfft!

Mon auriculaire me joue des tours et tape 11 au lieu de 1, ce qui provoque un sur stock sur certains titres. Pfft!

Un rail de spot est naze, il faut encore changer un transfo. Pfft!

Y'a un énorme chien qui a fait un pipi gros comme une rivière qui descendait de la vitrine jusqu'au caniveau. Pfft!

Pfft, rien ne va plus.
Je vais relire La berceuse électrique de Ted Benoît , éd. Casterman et me coucher tôt.
Demain sera un autre jour.

14 mars 2009

Samedi

Silvia a vendu le très beau livre de "l'autriste" Françoise Henry, Le rêve de Martin, Livre de poche Hachette.
Les néologismes de Silvia me mettent en joie. Après tout, elle a raison, l'auteure ou l'écrivaine (ou l'auteuse) ne sont pas des mots plus jolis.

Une cliente nous conseille de lire Au Zénith de Duong Thu Huong, éd. Sabine Wespieser. Est-ce le monde à l'envers que les clientes conseillent les libraires?
Non, c'est formidable.
Mais nous savions que ce roman est excellent.


Cet après-midi, une magistrate et une psy sont intervenues dans la discussion que nous avions à propos des dames en noir et de ceux qui vivent dans la rue. Silvia avait lancé le débat. La magistrate ordonnait souvent une obligation de soin, la psy disait qu'on ne pouvait pas ordonner à quelqu'un de se soigner. Les points de vue étaient intéressants.


Aujourd'hui, les enfants ont tous eu envie d'aller aux toilettes. Nous nous sommes transformées en dames pipi.
Ensuite , les enfants avaient soif...
Certains enfants ont un réflexe de Pavloff en entrant à la librairie: ils foncent au sous-sol où se trouvent les toilettes.

Une famille dans le quartier a trois filles prénommées Clémence, Constance, Patience. Comment appelleront-ils leur quatrième fille ou leur premier garçon? Parfois, on se pose des questions existentielles.

On a failli s'emmêler les pinceaux. Les clefs de Mme T étaient dans le tiroir de gauche, le sac de vêtement pour Mme D sous la vitrine, les lunettes d'Ariane dans le tiroir de droite, les gants oubliés sur l'étagère derrière nous.
Où ai-je donc mis le courrier de la banque me donnant un nouveau code de carte bleue?

Meilleures ventes de la semaine: la nouvelle BD d'Enki Bilal, Animal'z, chez Casterman , D'autres vies que la mienne, d'Emmanuel Carrère, éd. P.O.L, Le lièvre de Patagonie, les mémoires de Claude Lanzmann, éd. Gallimard.

Notez sur votre agenda: Jeudi 2 avril à partir de 18 heures, nous recevrons Laurent Gaudé à l'occasion de la parution de La Porte des Enfers, éd. Actes Sud.

13 mars 2009

Encore un vendredi 13 !

Nous avons une cuillère dans le siphon!
Un client amateur de notre café a été maladroit. En rinçant sa tasse, il a laissé tomber la cuiller.
Ce mot à deux orthographes m'intriguait enfant.

Au restaurant, il faut parfois loucher sur les plats servis à la table à côté pour trouver l'inspiration avant de passer commande. Mais il est bon aussi parfois de sympathiser avec ses voisins.
Ainsi, un soir, j'ai obtenu une belle commande pour la librairie.
Et hier, j'étais assise à côté d'un grand chef à plumes fournisseur de notre librairie à qui j'ai glissé un p'tit mot de nos conditions commerciales qui n'ont pas changé depuis le siècle dernier.
Il était sympathique. J'ai un peu d'espoir. Pourvu qu'il ait bien digéré ses coquilles Saint-Jacques!

Nous avons eu la visite de Dominique de Saint-Mars , la maman de Max et Lili, la série des petites bandes dessinées à thème des éditions Calligram, illustrée par Serge Bloch.
Dans la librairie se trouvaient des enfants qui étaient venus à sa signature voici quelques années. Ils avaient bien grandi.
Dernier titre paru, le n°87 : Max et Lili ne pensent qu'au zizi.

Un centre de kiné massage chinois s'est ouvert aujourd'hui en face de la librairie. Alors que des ouvriers installaient l'enseigne, j'ai vu une faute d'orthographe...
La patronne était médecin à Canton, nous avons parcouru le dépliant des programmes de massage acupuncture réflexologie plantaire ...Hum, nous avons envie de tout essayer.

Parfois l'ambiance dans la librairie est électrique, parfois, nous sommes calmes ( ça nous arrive!) Aujourd'hui, nous chuchotions pour ne pas troubler le silence. Un client nous a demandé si nous étions une bibliothèque.

Bon, je vous laisse. je vais finir Le Commerce du père, de Patrice Robin éd. P.O.L

11 mars 2009

Vous comprenez

Aujourd'hui, nous avons eu la visite d'un nouvel éditeur de guide de voyage "Serious guide". Leur premier volume est consacré à l'Andalousie. Ca nous change des guides habituels. La maquette est jolie, plus tendance, comprenez plus bobo chic, les adresses trouvées, relayées, mises à jour grâce à Internet et à des correspondants dans le pays. Il ne nous reste plus qu'à essayer le guide.

Frédérique Deghelt est passée nous faire un petit coucou.
Je me sentais péteuse de ne pas avoir lu son dernier roman La grand-mère de Jade,Coll. Un endroit où aller, éd. Actes sud. Nous avions beaucoup aimé son précédent, La vie d'une autre, sorti en babel cette année.
Heureusement, une cliente dans la librairie l'avait lu et c'était nous qui lui avions conseillé, ouf. On se sentait un peu moins nulle.
S'il y a un livre à lire pour nous, c'est sûrement celui de Pierre Bayard, Comment parler deslivres qu'on n'a pas lus, éd. De Minuit...
Vous comprenez, on ne peut pas tout lire.
Mais face à l'auteur(e), impossible et indigne de faire la maligne.

A propos de maligne, j'ai téléphoné à madame M. pour lui annoncer joyeusement que Iouri était là...
Il fallait comprendre que le livre de Pia Petersen, éd. Actes Sud, commandé voici trois jours, était arrivé. Je ne l'ai pas fait rire, elle était au boulot, je l'ai peut-être dérangée en pleine réunion ou en pleine tractation...

Vu encore passer devant la librairie les deux femmes en noir , la mère et la fille, qui errent dans notre arrondissement. Elles ont un beau visage, une allure distinguée. Quelle fêlure a t-il pu se passer dans leur vie pour qu'elles se retrouvent ainsi à la rue? Aucun service social n'a t-il réussi à les aider? C'est incompréhensible. Je voudrais connaître leur histoire. La réalité est pire que la fiction, ai-je souvent entendu.


La folie du jour est un texte incroyablement magnifique de Maurice Blanchot, éd. Fata Morgana Je viens de le relire par morceaux ce soir. Les feuilles ne sont pas massicotées, je l'ai lu comme une voleuse en écartant les feuilles pliées parce que je le remettrai demain à la librairie. Comprenez-moi, je ne peux pas acheter tous les livres.
Et puis, je l'offrirai peut-être à l'homme malheureux que j'ai vu aujourd'hui, si je le revois.
Comprendra t-il ?

06 mars 2009

Le vendredi, on réfléchit

Ce matin, je suis arrivée à l'heure. Il faisait trop froid pour flâner le long du canal et pourtant le soleil du matin me donnait des envies de promenade. Mais Silvia rentrait de vacances. Elle avait un grand voyage à nous raconter.
Silvia, rappelez-vous, c'est notre amie qui nous aide de temps en temps à la librairie.

La postière est arrivée avec une lettre recommandée. Je crois que c'est la première fois de ma vie que j'en ai reçue une qui me faisait plaisir.

J'ai trouvé mon billet de train du week-end dernier dans le livre de Jean Daive, Une femme de quelques vies, Flammarion. Quelle tête de litote! Parfois, je laisse des tickets de métro, des notes, des articles de presse...C'est mieux que des tâches de café ou de croissant, me direz-vous.

Nous avons deux clientes homonymes. Ce qui est amusant, c'est qu'elles se ratent à chaque fois de peu dans la librairie. Encore aujourd'hui, Mme B junior sortait et deux minutes après madame B senior entrait. A chaque fois, nous leur faisons remarquer.

Avec deux clients, nous avons eu une discussion à réflexion profonde. Qui sont les intellectuels de notre époque? J'étais perplexe devant le rayon philo. Au milieu de la librairie, je me grattais la tête. Où sont-ils?

Une amie est entrée avec son chien dans la librairie. Comme le chien me sautait dessus pour jouer, elle m'a dit que j'attirais les chiens.
Ce qui a donné chez moi matière à réflexion.

Au rayon enfant, un petit garçon tout petit, hésitait à acheter Caca prout ou Caca boudin. J'entendais sa maman lui dire: "Réfléchis bien..."
Il a finalement pris Caca boudin de Stéphanie Blake, éd. Ecole des Loisirs plutôt que le Caca prout de Catherine Dolto, illustré par Colline Faure-Poirée, éd. Gallimard jeunesse.

Je viens de finir la BD de Leslie Plée, Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses ou comment j'ai cru devenir libraire, éd. Jean-Claude Gawsevitch.
J'ai ri, maintenant je médite.

03 mars 2009

De quoi je me mêle


Internet était en panne ce matin, un fil était sectionné. Un client, catégorie très gentil et bricoleur, s'est mis à genoux sous notre bureau et nous a fait une épissure.

(hi hi...Cette phrase est audacieuse, pardonnez votre libraire malicieuse...)


Eu aujourd'hui un client que j'ai remercié pour sa patience (9 jours pour obtenir son livre) , félicité pour sa philosophie (pas de sacs pour ne pas polluer la planète) et sa bonne humeur... Je n'ai pas osé ajouter qu'il avait de beaux yeux aussi.
Il m'a demandé si je ne pouvais pas dire tout ça à sa copine.
Alors, voilà,
madame ou mademoiselle, il est tout ça votre ami
vous l'avez bien choisi
et soyez heureux
palsembleu!

L'année dernière, nous avons trouvé dans la librairie un carnet moleskine. Il était rempli d'une écriture serrée, nerveuse, de pensées intimes. A l'époque, je n'ai pas osé le lire, par discrétion persuadée que la personne reviendrait le chercher dans la semaine. Personne n'est venu le réclamer.
Hier en ouvrant un tiroir, j'ai vu le carnet. Demain, je le lirai.

Eu la visite de Delphine, qui lit le blog et participe au jury du prix Elle. Elle nous a parlé du blog DQJM ( De Quoi Je me Mêle) . Son livre préféré cette année est Le Pont des Soupirs, de Russo

Je lis la poésie de Sophie Loizeau, La Femme lit, éd. Flammarion.
Ca me perturbe.