...la vie est plus gaie. Nos clients ont retrouvé le sourire. Les femmes sont belles en robe d'été. Les bébés sont pieds nus dans leur poussette. J'adore les pieds de bébé.
Mais les clients sont en balade, à la campagne ou au bord du canal. Notre chiffre d'affaire baisse sérieusement.
Ce matin, j'ai ouvert avec quelques minutes de retard la librairie, happée par Bruno l'épicier qui prenait le café sur le trottoir devant son épicerie; il avait sorti une petite table, installé trois chaises. Une de nos clientes communes était assise dégustant un croissant croustillant. On se serait cru dans le midi. On lézardait.
A quelques vingt mètres, je pouvais surveiller la librairie.
Gérard le fleuriste nous a klaxonné jaloux d'être obligé d'aller livrer des plantes. Il se serait bien assis avec nous.
Petit rectificatif: je ne suis pas la femme du fleuriste.
La rumeur qui circule me fait sourire.
Trois clients amis aujourd'hui ont fait la vitrine. C'est amusant de voir comment ils s'y prennent. Les couleurs et beauté des jaquettes sont déterminantes pour eux. Une cliente a installé le dernier livre de Jean- François Kervéan, Une saison chez Mickey, éd. Fayard parce que c'est son ami.
Je fais pareil. J'aime bien mettre sur le devant les livres des amis,des ex-collègues de boulot, des amis des amis.
Marguerite a cru qu'un client était grossier en lui commandant Bordel, la revue.
J'ai prévenu monsieur Z. que son livre était arrivé avec une journée de retard. En fait, je lui ai emprunté pour le lire et j'ai bien fait. La bouche pleine de terre ,de Branimir Scepanovic, coll. motifs, éd. du Rocher est une petite merveille. Il était sorti aux éditions L'âge d'homme et je ne l'avais jamais lu. Maryline m'en avait parlé.
On va faire la liste noire des clients qui commandent et qui finalement ont acheté leurs livres ailleurs. Heureusement, ils ne sont qu'une poignée mais c'est énervant.
Un homme est entré barbe et cheveux longs pas très bien peignés, très cra-cra pour être franche. Il nous a dit être sur l'une des photos du livre de Patrick et Charlotte Rotman au Seuil. Il était le CRS tout seul face aux étudiants de la rue Gay-Lussac!
Mais était-ce vrai?
Je me souviens d'un client mythomane nous ayant fait croire qu'il était un auteur américain; il avait fait l'erreur de nous donner son nom. Nous avions commandé son dernier livre. En dernière de couverture, l'éditeur avait mis une photo du romancier. Il se trouvait qu'il était noir américain. Notre soi-disant client auteur était blanc. On avait ri.
Une cliente à qui j'ai dit que la machine remplissait les chèques, m'a dit:
"-Ah, que j'aime la machine!"
Bon, j'arrête de bavarder. Faut que je raccroche. Je veux finir le livre d'Orion Scohy, Norma Ramon , éd. P.O.L ,il me secoue mais il écrit rudement bien l'animal. Son premier titre Volume m'avait déjà impressionné.
10 mai 2008
Avec le soleil
Encore des départs...
J'ai recensé les personnes qui sont parties aujourd'hui:
1) Maryline tout d'abord pour un long week-end mérité. Elle est dans le sud. (Il pleut là-bas en bas...)
2) Mon voisin, celui que je croise chaque matin. Il travaille dans la cour de notre immeuble et le petit coucou matinal est un rituel qui me met de bonne humeur.
Mais il part tout le temps...
3) Olivier Maulin (ci-dessus), auteur du roman Les évangiles du lac, éd. L'Esprit des Péninsules...qui a pris le train des auteurs cet après-midi en partance pour le festival Etonnants voyageurs en direction de Saint-Malo.
Il avait obtenu le prix Ouest-France Etonnants voyageurs 2006 pour son premier roman En attendant le roi du monde.
Olivier nous a confié que l'ambiance était très drôle dans ce train, surtout au retour.
4) Rosmarie Waldrop, poète américaine, traductrice, fondatrice avec son mari Keith des éditions Burning Deck. Rosmarie a traduit Edmond Jabès, Jacques Roubaud, Emmanuel Hocquard, Oskar Pastior et tant d'autres.
Parmi ses dernières parutions: La reproduction des profils, trad. Jacques roubaud, éd. Melville, 2004; Pré & con, trad. Pascal Poyet, éd. Contrat maint; Quand elles sont douées de sens, trad. F. de Laroque, éd. Spectres familiers, 1989.
C'était une belle surprise de la voir entrer dans la librairie. Elle nous a acheté une tonne de livres de poésie avant de repartir pour Providence (USA).
(5) Philippe Beck est entré et reparti lui-aussi mais nous a promis de revenir bien vite.
Son Journal paru aux éd. Flammarion était encore en vitrine. Quand je vous dis que le hasard fait bien les choses...
Parmi ses dernières parutions, citons Elégies Hé, éd. Théâtre Typographique, 2005; Déductions, éd. Al Dante, 2005; Chants populaires, éd. Flammarion, 2007; l'ouvrage de Gérard Tessier aux éd. Argol, Beck, l'impersonnage.
Marguerite et moi restons à quai ce week-end.
Je m'attache.
07 mai 2008
Fait trop beau ...On se relâche.
13h30 : Le client devant moi agite ses pièces dans sa poche. Ca fait gling gling au fond de sa poche. Ca m'agace.
Pause cigarette.
13h40: Un client manipule sans aucune précaution le roman de Don DeLillo, L'homme qui tombe, éd. Actes Sud. Ouf, il l'achète. Il sort de la poche de son jean très moulant une boulette de papier. Ô surprise, c'est un billet de 20 euros. Ca me fait rire.
14h: Un ouvrier démolit le mur d'en face où étaient collées des affiches...Il cogne sur la tête de Gaspard Delanoë qui se présentait aux municipales.
C'est dommage.
Pause déjeuner.
15h 30: Une cliente trouve le roman Sous les vents de Neptune, de Fred Vargas trop cher en poche collection J'ai lu (7,60 euros).
Ca se comprend.
15h40 : Arnaud, notre représentant Sodis entre tout bronzé.
Ca lui va bien.
Pause café.
16h: Ma fille aînée trouve que ma jupe lui fait penser à Falbala. Qu'est-ce qu'elle a ma jupe?
Pause goûter.
17h 10: Je salue d'un grand bonjour tonitruant un client charmant qu'on ne voit pas assez à mon goût:
-" Tiens bonjour, on ne vous voit plus!"
-"J'ai renoncé à lire", nous a t-il répondu.
Ca alors!
Demain, journée entière de pause.
Ca c'est chouette!
06 mai 2008
Suite suisse d'Hélène Bessette
Isabelle Angeli et Julien Doussinault avec le nouveau livre d'Hélène Bessette.
Tous deux travaillent aux éditions Actes Sud.
Le hasard fait bien les choses.
Suite suisse est arrivé ce matin quelques minutes après l'entrée de Julien Doussinault dans la librairie.
Julien Doussinault sortira à l'automne prochain une biographie d'Hélène Bessette, auteur(e)oubliée de 14 livres publiés aux éditions Gallimard entre 1953 et 1973.Nous avons hâte de lire la vie de cette femme tragique. Comment a t-elle pu tomber dans l'oubli le plus total après avoir été publiée par Raymond Queneau?
Heureusement, ses livres reparaissent à raison d'un par an aux éditions Léo Scheer, dans la collection Laureli dirigée par Laure Limongi (en 2006, Le Bonheur dans la nuit, en 2007 maternA.)
Saluons l'originalité de la couverture de Suite suisse où n'apparaît pas le nom d'Hélène Bessette, comme si son écriture prévalait par dessus tout. Les éditeurs du roman Le seigneur de Bombay ont remplacé le nom de l'auteur par des impacts de balles. Moi, je vois dans la croix blanche, emblème du drapeau suisse sur la couverture du livre rouge la croix qu'a portée Hélène Bessette toute sa vie... L'auteur(e) écrivait que ce livre est "le livre de la porte", celle qui est constamment claquée au nez de l'écrivain tentant vainement de gagner sa vie et ne rencontrant que mauvaise fortune.
Un de nos clients nous a confié être très heureux d'avoir réussi à donner l'amour de la lecture à son fils.
Ce dernier effectivement avait fini de lire un roman de Roald Dahl Moi Boy (en folio junior) et l'avait beaucoup aimé.
Interrogé le petit garçon nous a dit que son père lui avait promis 10 euros s'il finissait ce livre.
A la réflexion, cette pratique étonnante peut peut-être faire amorcer le goût de la lecture et se révéler payante...
J'aime le naturel des enfants. Ils nous racontent parfois en deux mots des secrets de famille. Ainsi, une petite fille dans la librairie nous a confié que sa maman mettait de la crème amincissante mais que ça ne marchait pas du tout...
Marguerite, notre stagiaire a eu aujourd'hui une rose en cadeau de la part d'un client. Je suis hyper jalouse.
02 mai 2008
Bertrand Guillot est entré...
Bertand Guillot, auteur de Hors jeux, éd. le Dilettante
Suite à notre appel au secours, "on s'ennuie" (cf notre blog d'hier), Bertrand Guillot est venu nous rendre une petite visite ce matin.
Très intéressant ce jeune Bertrand que j'ai appelé Stéphane la plupart du temps.
Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve qu'il a une tête à s'appeler Stéphane.
Je me souvenais de son livre à la couverture si originale avec ce trou sur la jaquette rouge et de son blog "second flore", très drôle parfois.
Nous avons discuté de tout et de rien, de littérature, il adore le livre Eureka street, de Mc Liam Wilson, de Philippe Jaenada, Delphine de Vigan , Ravalec, Serge Joncour, Régis de sa Moreira ( qui a des nouvelles de ce jeune écrivain si prometteur?)...de certains bloggeurs, bloggeuses et de leur gentillesse.
Comme il nous expliquait aimer écrire ailleurs que chez lui, au café par exemple, nous lui avons proposé de lui prêter un coin de bureau dans la librairie ou de l'installer dans notre sous-sol. On serait à ses petits soins, on le chouchouterait.
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Ce matin, des brins de muguet glissés dans notre boîte aux lettres attendaient que nous les ramassions.
Ainsi, certains clients amis amours avaient pensé à nous.
Au courrier, un autre cadeau: une enveloppe en provenance de Fribourg, avec dedans un livre de Christophe Gallaz, Les chagrins magnifiques, éd. Zoé.
Karim, ami de la librairie et lecteur du blog, mille mercis pour ce livre plein de nouvelles tendres qui conviennent bien à mon état d'âme ciel nuageux avec du gris dans le bleu. Pour l'instant, j'aime tout particulièrement les nouvelles titrées Le caillou , J'étais crapaud, Le bossu.
Prendre la peine d'acheter le livre, de le mettre dans une enveloppe à bulles avec un petit mot au dos d'une photo, d'aller à la poste, de dépenser du temps et des sous pour nous, m'a donné envie encore et encore d'écrire sur le blog pour vous remercier, cher Karim.
30 avril 2008
On s'ennuie...
Y'a personne.
La plupart de nos clients sont encore en vacances.
Maryline s'active intellectuellement
et vous soumet ce petit test:
A quoi vous fait penser la phrase suivante:
"Je reviens te chercher parce que je t'aime. Seras-tu là? Et après
sauve-moi"
Je suis recluse au sous-sol avec la tentation de m'allonger sur le sofa, personne ne pourrait me voir...Je pourrais continuer le roman de Richard Powers, La chambre aux échos, éd. du Cherche-Midi. Mais, non, je classe, range, trie, pointe les factures, réclame par fax les pièces manquantes. C'est rasoir et sans intérêt mais après l'avoir fait, je suis contente, j'ai l'impression d'avoir rangé ma petite tête de litote.
Sur les conseils de Maryline, je viens de lire le dernier album de Michel Gay La provision de bisous de Zou, éd. Ecole des Loisirs. Comme je voudrais encore pouvoir lire de tels albums à mes filles! Mais maintenant, elles sont trop grandes. L'enfance passe vite, leur ai-je lu assez d'histoires?
Du sous-sol, j'entends Maryline pester après un carton entier de livres arrivés cornés, abimés dont celui du client méticuleux bien sûr. Ah zut!C'est toujours sur lui que ça tombe!
Adorable, une cliente amie vient de nous offrir à chacune un brin de muguet en avance parce qu'elle part en week-end. Merci Joëlle.
Re - Maryline pestant en découvrant un Guide de survie chez les Ch'tis dans un colis de nouveautés. Pfft!
Nous avons eu la visite d'une charmante Aurore venue nous présenter le portail Place des libraires. Oui, c'est l'aurore d'une idée pour que les librairies indépendantes soient présentes sur Internet, qu'on puisse être en concurrence avec les grands sites de vente par correspondance. Le hic, c'est qu'il faut adhérer (300 euros HT) + s'abonner mensuellement (pour 45 euros HT) alors que le site démarre à peine. En cherchant sur google, on ne tombe pas encore sur lui. Le libraire.com semble mieux placé. Pourquoi les petites librairies devraient-elles payer le même tarif que les grandes? Nous n'avons pas le même chiffre d'affaire. Est-ce que cet investissement est nécessaire pour l'instant à Paris? Nous ne sommes pas en rase campagne.
Opportuniste, je réfléchis.
M. Ph est un gentil client fidèle. Nous avons oublié de valider une de ses commandes. Il pouvait toujours attendre ses Alexandre Dumas réédités chez l'Aube. Pour nous faire pardonner, nous lui offrons un livre. Nous méritons bien notre surnom de tête de litote.
Gloups, j'ai trouvé le livre avec CD Rom que désire madame T. de Ch sur eBay en vente aux enchères à 1 euros. Devons-nous ouvrir un compte sur eBay pour mieux satisfaire notre clientèle et faire de meilleurs profits?
28 avril 2008
De retour de vacances
A Val d'Isère, j'ai fait la connaissance d'un libraire très sympathique, Jean-Paul Shafran , librairie Le bouquetiniste.
Comme vous l'imaginez, nous avons discuté bouquins, boutique.
Jean-Paul est libraire six mois de l'année dans cette station de sports d'hiver. Il a mis sur pied une association Vivre livre dont les membres décernent en novembre un prix littéraire qui porte le même nom.
Muriel Barbery avait ainsi obtenu ce prix en novembre 2006 bien avant le prix des libraires obtenu en 2007.
Il m'a impressionné par son énergie. Sa librairie est grande comme la nôtre mais il déplace les montagnes.
Sur son blog http://Vivrelivrevaldisere.blogspot.com, vous pourrez voir les photos de tous les auteurs qui sont venus.
Et Sylvain Tesson est entré...
Sylvain Tesson en transit chez Le Bouquetiniste et Jean-Paul Shafran avec des lunettes.
Sylvain Tesson est l'auteur de l'Eloge de l'énergie vagabonde, éd. Equateurs
Du Petit traité sur l'immensité du monde, Pocket; L'axe du loup, Pocket.
Cet écrivain vagabond aventurier marcheur explorateur avait escaladé le clocher de l'église de Val d'Isère le matin même.
Jean-Paul m'a dit que c'était le genre d'homme à aller dans sa salle de bains en passant par la fenêtre.
De retour dans notre librairie, je m'interroge sur les possibilités d'escalade dans notre dixième arrondissement.
Le 7 mai, sortira un livre de ses aphorismes.
Je vous en offre deux en avant-première:
"En vieillissant, la forêt sent le sapin".
" Sous la pluie, le tilleul sent la tisane".
Nous n'avons pas eu grand monde samedi à la librairie pour la San -Jordi. Nos clients étaient contents de repartir avec un livre et une rose. Quel dommage que cette fête tombe pendant les vacances scolaires!
Un clochard ivre-mort s'est endormi sur le trottoir devant la porte de la librairie. Comme il fallait l'enjamber pour entrer et un peu inquiète aussi, j'ai appelé la police. Un quart d'heure plus tard, l'homme s'est relevé tout seul et est parti. J'ai rappelé la police qui elle, n'était pas partie à mon avis.
Nous avons eu la visite surprise de Séverine et Farez, libraires à la SFL, rue Danton. J'aime bien aussi lorsque des libraires entrent dans notre librairie.
18 avril 2008
Faut dire...
Aujourd'hui, à la Une du journal Libération, une photo de chez Papa, un restaurant de notre quartier. "Papa" (Bruno Druilhe) vient parfois acheter des livres. Il soutient ses salariés en grève qui réclament leur régularisation.
Ces derniers avaient donné à l'embauche des photocopies de pièces d'identité, les numéros avaient été acceptés par l'Urssaf. Tout le monde payait gentiment ses impôts,"papa" a formé pendant des années des travailleurs africains à la cuisine du sud-ouest, ne trouvant pas d'autre main-d'oeuvre intéressée par ses offres d'emploi.
Je vais demander à voir la carte d'identité de la stagiaire.
Y'a d'autres vedettes dans notre quartier. Tout-à-l'heure, une cliente m'a dit que la jeune femme qui achetait un livre dans notre librairie cette semaine était Julie D., l' actrice. Nous avons aussi Emilie D. et Vanessa L. comme clientes mais allant peu au cinéma, regardant peu la télévision et souvent distraite ou sans mes lunettes, je ne les reconnais pas. Ca fait rigoler Maryline et les copines.
On a perdu l'agenda de la librairie cette semaine. Enfoui, sous une pile de factures, j'y ai vu comme un message. Je pars donc quelques jours avec mes filles pour les vacances scolaires...Le blog reprendra dans huit jours.
Nous avons eu la visite surprise de notre réprésentant Sodis, Arnaud venu avec des macarons. Nous allons reprendre nos vieilles et bonnes habitudes de commandes de librairies différentes parallèles de 72ème niveau.
Pas une journée sans que nous recevions des candidatures spontanées ou des visites de jeunes à la recherche d'un stage dans une librairie.
Pour intégrer l'Institut de Formation des libraires (l'INFL), le futur étudiant doit d'abord trouver un stage en librairie avant d'intégrer l'école.
Incroyable le nombre de jeunes et moins jeunes qui désirent être libraires!
Faut dire que c'est un beau métier...
Quel dommage qu'on gagne si peu notre vie!
Tout le quartier est amoureux de la nouvelle boulangère du faubourg Saint-Martin! Faut dire qu'elle est vraiment chouette.
Le poète Emmanuel Hocquard a dédié un de ses livres à sa boulangère Viviane mais je ne sais plus lequel.
Nous rangeons les commandes clients dans la bibliothèque derrière nous. Aujourd'hui, mal posé, un livre a failli me blesser en dégringolant. Il s'agissait des carnets d'une note prise par jour, d'un petit brouillard journalier de Gilles Ortlieb, Sous le crible, éd. Finitude.
Jusque-là, rien d'extraordinaire, on se fait assommer régulièrement par les livres.
Mais là où l'histoire devient amusante, c'est que je l'ai ouvert au hasard page 51 et j'ai lu:
"Des fraises des bois poussent sur le ballast entre les traverses de la gare de l'Est. Un peu huileuses de goût et rachitiques de formes, il est donc possible de cueillir, en saison, des fraises sauvages dans le Xème arrondissement de Paris."
Ca alors!
