Voilà L'insurrection qui vient qui revient. Il était en rupture. Ecrit par le comité invisible, son éditeur est La Fabrique.
Ca m'amuse d'écrire que l'insurrection était en rupture de stock.
Reste t-il du stock d'insurrection possible?
Rien à signaler à la librairie sauf notre rhume . Celui de Maryline est très impressionnant. Elle éternue toutes les 5 minutes, j'ai été tentée de sortir mon parapluie.
Devant une telle fréquence d'éternuement, j'ai arrêté de lui souhaiter "A tes souhaits, à tes amours...( renonçant du coup à la réponse "Que les tiennes durent toujours"...)
Tout le quartier semble contaminé.
Ce soir, je suis allée écouter le poète Dominique Fourcade à Beaubourg.
Il nous a lu pendant 55 minutes de longs passages de son dernier livre Citizen Do, éd. P.O.L
Ce livre est une réunion de textes écrits pour le catalogue de l'expo René Char (en 2007 ) et des chansons pour Saskia, sa petite-fille.
Son livre Rose-déclic, paru en 1984 chez P.O.L m'avait impressionné par la beauté de sa langue.
C'est grâce à lui que j'ai lu Fureur et mystère de René Char.
Lorsque Dominique Fourcade tournait les pages de son texte, le verre de sa montre se réfléchissait sur le mur; avant de tourner chaque page, sa main était suspendue comme celle d'un chef d'orchestre et je trouvais curieux le contraste entre son corps plié sur la chaise et cette main qui caressait l'air avant de toucher sa partition.
Mon esprit vagabondait entre les mots.
Lors des lectures, je me demande toujours si je suis assez attentive et comment l'être.
14
l'autre soir, bord irisé de ton sommeil contre peur de l'armoire
à draps, tout ton visage disait
arrête ton blog connard je sature
quand je dis tout c'est tout
je ne supporte plus tes rimes, surtout les internes, ni leur absence
où j'en voudrais
ni les faux cils
tu n'es même pas capable d'une chanson d'apesanteur
(page 64, Citizen Do)
J'ai écouté le poète. J'arrête le blog pour 8 jours pour cause de vacances.
A très bientôt!
Co
21 janvier 2009
17 janvier 2009
Crocodile
Une cliente amie était en train de nous demander de dédicacer Une vie de pintade à Paris lorsque Laure Watrin, l'une des auteur(e)s est entrée.
Et dans la librairie se trouvait, comme par hasard, Marielle-Frédérique Turpaud, maire de la commune libre de Montmartre qui est mentionnée dans le livre...
Un client était tout content aujourd'hui d'avoir acheté deux costumes en solde.
Comme je lui faisais la remarque que je ne l'avais jamais vu en costume, il m'a expliqué qu'il se costumait uniquement pour aller voir son banquier.
J'envisage d'aller faire les soldes. Il faut que j'aille voir notre banquier; j'hésite entre la mini jupe ou le tailleur strict.
Non, nous ne faisons pas dépôt de colis La Redoute. C'est la café Internet à côté.
J'ai éternué 72 fois aujourd'hui.Comme je suis enrhubée et que j'ai les oreilles encore plus bouchées que d'habitude, j'ai compris de travers pas mal des titres demandés par les clients cet après-midi.
Comme on partage tout avec Maryline, elle a le même rhume que moi.
Nous avons eu la visite de Julien Derôme aujourd'hui , auteur de Mon cher rémi, éd.nuit myrtide
Il nous a apporté le dernier numéro de la revue Borborygmes.
Que fait un crocodile lorsqu'il voit un autre crocodile, il l'accoste.
De temps en temps, un client nous raconte des blagues...Parfois, je m'en souviens.
Nous avons des jumeaux comme clients.
Je m'embrouille, ne sachant jamais qui est qui et qui a commandé quoi.
Nous avons aussi le sosie de Lambert Wilson, le comédien à moins que ce ne soit lui...qui travaille aux Bouffes du Nord pas si loin. Je n'ai pas osé lui demandé si c'était lui. Il n'a pas réglé en carte bleue. Le mystère demeure.
Je vous laisse.
J'ai le Paris-Brest qui m'attend...le dernier livre de Tanguy Viel, éd. de minuit.
Et dans la librairie se trouvait, comme par hasard, Marielle-Frédérique Turpaud, maire de la commune libre de Montmartre qui est mentionnée dans le livre...
Un client était tout content aujourd'hui d'avoir acheté deux costumes en solde.
Comme je lui faisais la remarque que je ne l'avais jamais vu en costume, il m'a expliqué qu'il se costumait uniquement pour aller voir son banquier.
J'envisage d'aller faire les soldes. Il faut que j'aille voir notre banquier; j'hésite entre la mini jupe ou le tailleur strict.
Non, nous ne faisons pas dépôt de colis La Redoute. C'est la café Internet à côté.
J'ai éternué 72 fois aujourd'hui.Comme je suis enrhubée et que j'ai les oreilles encore plus bouchées que d'habitude, j'ai compris de travers pas mal des titres demandés par les clients cet après-midi.
Comme on partage tout avec Maryline, elle a le même rhume que moi.
Nous avons eu la visite de Julien Derôme aujourd'hui , auteur de Mon cher rémi, éd.nuit myrtide
Il nous a apporté le dernier numéro de la revue Borborygmes.
Que fait un crocodile lorsqu'il voit un autre crocodile, il l'accoste.
De temps en temps, un client nous raconte des blagues...Parfois, je m'en souviens.
Nous avons des jumeaux comme clients.
Je m'embrouille, ne sachant jamais qui est qui et qui a commandé quoi.
Nous avons aussi le sosie de Lambert Wilson, le comédien à moins que ce ne soit lui...qui travaille aux Bouffes du Nord pas si loin. Je n'ai pas osé lui demandé si c'était lui. Il n'a pas réglé en carte bleue. Le mystère demeure.
Je vous laisse.
J'ai le Paris-Brest qui m'attend...le dernier livre de Tanguy Viel, éd. de minuit.
15 janvier 2009
Du côté de chez Tschann
Ce matin, grande discussion à la librairie suite à l'article dans le Parisien "La fin du concours d'entrée à Sciences-Po?"
Richard Descoings, le directeur de l'école, envisage de supprimer le concours d'entrée pour mieux favoriser la mixité sociale. Les bacheliers ayant obtenu la mention Très bien au bac seraient seuls susceptibles d'intégrer cette école après un passage devant un jury.
Chaque client qui entrait était interviewé par l'une de nos amies clientes passionnée par ce sujet. Un directeur d'une des écoles de commerce de la rue n'a pas semblé convaincu, un ex étudiant de Sciences-po trouvait cette proposition intéressante.
Le débat battait son plein, la cafetière se vidait.
J'aime quand la librairie se transforme en café où l'on cause et pas seulement de littérature.
Eu la visite de Gilda, blogueuse et lectrice de blogs, de notre blog. Je viens d'aller faire un petit tour sur les blogs de Koselika et Martine Sonnet.
J'ai cru comprendre que certains lecteurs de notre blog pensaient que la librairie avait fermé puisque le blog n'était pas tenu. Ouïe!
Une cliente complètement aphone est venue nous acheter plein de livres. Au fil des minutes, nous chuchotions presque comme elle.
Je me suis demandée si, lorsque monsieur F. venait faire ses emplettes, nous élevions de plus en plus la voix, il parle tellement fort.
Déjeuner au restau ce midi où nous avons bavardé des livres de Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française, paru en livre de poche et de son Encyclopédie capricieuse du tout et du rien., éd. Grasset.
J'ai eu le sourire persillé pendant au moins une heure.
Ce soir, nous avons fermé plus tôt la librairie pour aller dans une autre, plus grande, plus belle, un modèle de librairie pour nous, chez Tschann, Bd Montparnasse.
La librairie et le CipM (Centre International de Poésie de Marseille) nous conviaient à la présentation par J-P. Boyer et Eric Pesty du Cahier Critique de Poésie n°16 dont le dossier est sur les deux derniers livres de Claude Royet-Journoud .
Et il était présent!
Nous avons écouté des interventions d'Helena Eriksson, poète suédoise qui a traduit avec Jonas (J) MagnussonThéorie des prépositions, éd. P.O.L, de cet auteur dans sa langue; Marie-Louise Chapelle nous a lu le texte qu'elle a écrit pour ce numéro.
Puis Alain Veinstein, qui a interviewé 6000 écrivains sur France-Culture, a parlé de Claude Royet-Journoud.
Dans la chaleur de cette librairie, où on comptait un poète tous les mètres, j'ai entendu les plus belles phrases d'amitié d'un homme pour un autre. Ses mots étaient sensibles et joyeux, il le regardait en souriant, nous parlait de son ami occupant un espace à part dans son quartier, dans la ville , dans sa vie, citant des anecdoctes nous démontrant l'absence totale de concession de son ami.
Je voulais m'en souvenir toujours mais ma petite tête de litote a malheureusement bu quelques verres à la fin de cette soirée...
Richard Descoings, le directeur de l'école, envisage de supprimer le concours d'entrée pour mieux favoriser la mixité sociale. Les bacheliers ayant obtenu la mention Très bien au bac seraient seuls susceptibles d'intégrer cette école après un passage devant un jury.
Chaque client qui entrait était interviewé par l'une de nos amies clientes passionnée par ce sujet. Un directeur d'une des écoles de commerce de la rue n'a pas semblé convaincu, un ex étudiant de Sciences-po trouvait cette proposition intéressante.
Le débat battait son plein, la cafetière se vidait.
J'aime quand la librairie se transforme en café où l'on cause et pas seulement de littérature.
Eu la visite de Gilda, blogueuse et lectrice de blogs, de notre blog. Je viens d'aller faire un petit tour sur les blogs de Koselika et Martine Sonnet.
J'ai cru comprendre que certains lecteurs de notre blog pensaient que la librairie avait fermé puisque le blog n'était pas tenu. Ouïe!
Une cliente complètement aphone est venue nous acheter plein de livres. Au fil des minutes, nous chuchotions presque comme elle.
Je me suis demandée si, lorsque monsieur F. venait faire ses emplettes, nous élevions de plus en plus la voix, il parle tellement fort.
Déjeuner au restau ce midi où nous avons bavardé des livres de Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française, paru en livre de poche et de son Encyclopédie capricieuse du tout et du rien., éd. Grasset.
J'ai eu le sourire persillé pendant au moins une heure.
Ce soir, nous avons fermé plus tôt la librairie pour aller dans une autre, plus grande, plus belle, un modèle de librairie pour nous, chez Tschann, Bd Montparnasse.
La librairie et le CipM (Centre International de Poésie de Marseille) nous conviaient à la présentation par J-P. Boyer et Eric Pesty du Cahier Critique de Poésie n°16 dont le dossier est sur les deux derniers livres de Claude Royet-Journoud .
Et il était présent!
Nous avons écouté des interventions d'Helena Eriksson, poète suédoise qui a traduit avec Jonas (J) MagnussonThéorie des prépositions, éd. P.O.L, de cet auteur dans sa langue; Marie-Louise Chapelle nous a lu le texte qu'elle a écrit pour ce numéro.
Puis Alain Veinstein, qui a interviewé 6000 écrivains sur France-Culture, a parlé de Claude Royet-Journoud.
Dans la chaleur de cette librairie, où on comptait un poète tous les mètres, j'ai entendu les plus belles phrases d'amitié d'un homme pour un autre. Ses mots étaient sensibles et joyeux, il le regardait en souriant, nous parlait de son ami occupant un espace à part dans son quartier, dans la ville , dans sa vie, citant des anecdoctes nous démontrant l'absence totale de concession de son ami.
Je voulais m'en souvenir toujours mais ma petite tête de litote a malheureusement bu quelques verres à la fin de cette soirée...
14 janvier 2009
La mayonnaise
Un monsieur regarde la vitrine en mangeant un sandwich. Maryline me fait remarquer qu'il a de la mayonnaise au coin de la bouche.
Ouh la la, je suis en train de remplir les bons de commande pour le mois prochain. C'est pas fun. J'exagère comme toujours. Peut-être que certains livres seront passionnants, enthousiasmants, ou mieux drôles et bien écrits, ce qui serait un vrai plus vu la période actuelle. Je n'ai pas regardé entièrement le CD alors je commande un peu à l'aveugle. Nous recevons maintenant le détail des nouveautés à paraître sur un disque à insérer dans l'ordi. J'ai cru au début que le distributeur , sympa, nous envoyait de la musique.
Maryline me dit que nous avons reçu une commande en double et que nous avons un Rabelais en rab.
Un jeune homme a le hoquet dans la librairie. Il est drôle ce petit bruit qui vient du corps. Il est attendrissant. Je n'ose pas lui montrer comment le faire passer. La librairie est pleine de monde et ma méthode consiste à boire à l'envers la tête en bas, ce qui est assez ridicule... mais efficace.
Jérôme le crémier du haut du faubourg est passé nous encourager à ouvrir la librairie le dimanche matin. Je fais ma mauvaise tête de litote. C'est MON jour de grasse matinée, le jour où je lis en pyjama en pilou au chaud sous ma couette. Seule la faim ou l'envie d'un café peut me faire sortir de mon camp retranché. Maryline a le même genre d'activité le dimanche matin. M'enfin, si la librairie s'écroule, je ferai aussi la tête.
Marie Maheo est passée. Elle a vu son livre dans la vitrine. J'imagine la première fois où l'écrivain aperçoit son livre en devanture chez le libraire.
Y'a une jeune femme pas loin de moi qui a un sandwich plein de mayonnaise dans la main gauche.
De sa main droite, elle feuillette un livre tout blanc dont la jaquette n'est pas en papier glacé.
Le nouveau roman d' Olivier ROHE est paru: Un peuple en petit, éd. Gallimard.
Sa dernière de couverture me fait rire mais je ne suis pas d'accord.
"Soyons sérieux. Il n'y a pas trente-six-mille raisons de se réveiller tôt le matin. Sauf à vouloir faire le malin (kéké). Sauf en théorie. De manière exhaustive, une fois le problème appréhendé dans tous les sens, j'ai pu identifier quatre catégories d'êtres humains: 1) ceux qui se lèvent tôt pour se rendre à leur lieu de travail ( les gens pauvres, les gens issus de l'immigration) ; 2) ceux qui se lèvent tôt pour aller courir ( les hommes politiques, les Serge) ; 3) ceux qui se lèvent pour aller uriner sans pouvoir se rendormir ( les buveurs de bière, les gens très vieux, très malades); 4) ceux qui se lèvent tôt après un rapport sexuel avec leur femme ( les gens très jeunes, très amoureux)."
Ouh la la, je suis en train de remplir les bons de commande pour le mois prochain. C'est pas fun. J'exagère comme toujours. Peut-être que certains livres seront passionnants, enthousiasmants, ou mieux drôles et bien écrits, ce qui serait un vrai plus vu la période actuelle. Je n'ai pas regardé entièrement le CD alors je commande un peu à l'aveugle. Nous recevons maintenant le détail des nouveautés à paraître sur un disque à insérer dans l'ordi. J'ai cru au début que le distributeur , sympa, nous envoyait de la musique.
Maryline me dit que nous avons reçu une commande en double et que nous avons un Rabelais en rab.
Un jeune homme a le hoquet dans la librairie. Il est drôle ce petit bruit qui vient du corps. Il est attendrissant. Je n'ose pas lui montrer comment le faire passer. La librairie est pleine de monde et ma méthode consiste à boire à l'envers la tête en bas, ce qui est assez ridicule... mais efficace.
Jérôme le crémier du haut du faubourg est passé nous encourager à ouvrir la librairie le dimanche matin. Je fais ma mauvaise tête de litote. C'est MON jour de grasse matinée, le jour où je lis en pyjama en pilou au chaud sous ma couette. Seule la faim ou l'envie d'un café peut me faire sortir de mon camp retranché. Maryline a le même genre d'activité le dimanche matin. M'enfin, si la librairie s'écroule, je ferai aussi la tête.
Marie Maheo est passée. Elle a vu son livre dans la vitrine. J'imagine la première fois où l'écrivain aperçoit son livre en devanture chez le libraire.
Y'a une jeune femme pas loin de moi qui a un sandwich plein de mayonnaise dans la main gauche.
De sa main droite, elle feuillette un livre tout blanc dont la jaquette n'est pas en papier glacé.
Le nouveau roman d' Olivier ROHE est paru: Un peuple en petit, éd. Gallimard.
Sa dernière de couverture me fait rire mais je ne suis pas d'accord.
"Soyons sérieux. Il n'y a pas trente-six-mille raisons de se réveiller tôt le matin. Sauf à vouloir faire le malin (kéké). Sauf en théorie. De manière exhaustive, une fois le problème appréhendé dans tous les sens, j'ai pu identifier quatre catégories d'êtres humains: 1) ceux qui se lèvent tôt pour se rendre à leur lieu de travail ( les gens pauvres, les gens issus de l'immigration) ; 2) ceux qui se lèvent tôt pour aller courir ( les hommes politiques, les Serge) ; 3) ceux qui se lèvent pour aller uriner sans pouvoir se rendormir ( les buveurs de bière, les gens très vieux, très malades); 4) ceux qui se lèvent tôt après un rapport sexuel avec leur femme ( les gens très jeunes, très amoureux)."
10 janvier 2009
Samedi transi
Nous avons reçu les voeux d'Anna Gavalda. Hélàs, je n'ai pas de scanner sinon je vous montrerais la jolie carte en forme de maison découpée dans la jaquette de son dernier livre.
Sur l'enveloppe, elle nous appelle"Les belles de la litote", nous sommes plutôt fières...
et elle nous remercie encore de la gentillesse avec laquelle nous l'avons reçue au printemps dernier lors de la sortie de La consolante, éd. Le Dilettante.
C'est plutôt nous qui devrions la remercier de venir à chaque fois qu'elle écrit un livre. C'est un amour d'écrivain dans le top de la liste de ceux qui nous sont chers.
Un groupe militant et clandestin a créé l'OULIBLO (acronyme pour "Ouvroir de Litote Blogueuse") dont le but est d'exercer une pression amicale pour que je continue d'écrire le blog de la Litote, de "perec'niser" la situation pour éviter la triste dèche littéraire et matinale.
Puis-je lutter?
Reçu un coup de fil de Marseille de Céline, notre ex boulangère de l'Atelier des pains sur le faubourg. Trop mignonne, elle nous prie de transmettre ses voeux à tous les confrères.
Eu la visite de monsieur le Maire du xème, Rémi Féraud. (Il bouquine pas mal notre maire.)
Il a demandé quand la décoration de la station de métro Louis Blanc serait retirée. Le fleuriste Le Pélican sur le faubourg doit démonter l'installation en début de semaine. Avez-vous pris une photo de la station illuminée la nuit?
Une cliente a oublié sa carte bleue. On va pouvoir faire les soldes sur internet...
Nos clients entrent emmitouflés, capuchonnés. On ne les reconnaît pas au premier abord. L'un avait aujourd'hui une toque en fourrure avec des grandes oreilles. Je voudrais la même.
Certains toussotent, crachotent, éternuent. D'autres finissent ou démarrent une gastro.
L'un nous a dit cette semaine qu'il avait la grippe et comme il était en congé maladie, il venait chercher un bon roman pour lire au lit.
Maryline et moi avons reculé.
Notre meilleure vente de la journée était le roman de Paul Auster, Seul dans le noir, éd. Actes Sud.
Sur l'enveloppe, elle nous appelle"Les belles de la litote", nous sommes plutôt fières...
et elle nous remercie encore de la gentillesse avec laquelle nous l'avons reçue au printemps dernier lors de la sortie de La consolante, éd. Le Dilettante.
C'est plutôt nous qui devrions la remercier de venir à chaque fois qu'elle écrit un livre. C'est un amour d'écrivain dans le top de la liste de ceux qui nous sont chers.
Un groupe militant et clandestin a créé l'OULIBLO (acronyme pour "Ouvroir de Litote Blogueuse") dont le but est d'exercer une pression amicale pour que je continue d'écrire le blog de la Litote, de "perec'niser" la situation pour éviter la triste dèche littéraire et matinale.
Puis-je lutter?
Reçu un coup de fil de Marseille de Céline, notre ex boulangère de l'Atelier des pains sur le faubourg. Trop mignonne, elle nous prie de transmettre ses voeux à tous les confrères.
Eu la visite de monsieur le Maire du xème, Rémi Féraud. (Il bouquine pas mal notre maire.)
Il a demandé quand la décoration de la station de métro Louis Blanc serait retirée. Le fleuriste Le Pélican sur le faubourg doit démonter l'installation en début de semaine. Avez-vous pris une photo de la station illuminée la nuit?
Une cliente a oublié sa carte bleue. On va pouvoir faire les soldes sur internet...
Nos clients entrent emmitouflés, capuchonnés. On ne les reconnaît pas au premier abord. L'un avait aujourd'hui une toque en fourrure avec des grandes oreilles. Je voudrais la même.
Certains toussotent, crachotent, éternuent. D'autres finissent ou démarrent une gastro.
L'un nous a dit cette semaine qu'il avait la grippe et comme il était en congé maladie, il venait chercher un bon roman pour lire au lit.
Maryline et moi avons reculé.
Notre meilleure vente de la journée était le roman de Paul Auster, Seul dans le noir, éd. Actes Sud.
09 janvier 2009
Pleine lune
En quittant la librairie ce soir, nous avons vu la pleine lune au-dessus de notre petit coin de Parodi.
Je vais me couper les cheveux ce soir, ai-je dit à Maryline.
Mais non, il faut le faire lorsque la lune monte, m'a t-elle répondu.
Ma grand-mère se trompait donc, je m'en rends compte chaque jour.
Elle disait aussi que la vie n'est pas mieux que les romans.
C'est peut-être pour cette raison que je suis libraire.
Annie Cohen nous a envoyé son dernier texte court paru aux éditions Zulma,
L'Alfa Romeo. En ouvrant l'enveloppe, la jolie couverture était déjà un cadeau, mieux qu'une boîte de chocolat. J'ai toujours aimé son écriture pleine d'émotions fines. Souvent, je l'ai imaginée assise à son bureau écrivant des heures durant.
En fin d'après-midi, Philippe Jaenada est passé devant la librairie. Il m'a fait une bise que je lui ai retournée joyeusement sur ses joues brunes et piquantes. Il nous a offert son nouveau roman, Plage de Manaccora, 16h30 qui sortira le 20 janvier chez Grasset. Il était inquiet se savoir si nous l'aimerions.
Je suis page 173 et je ne peux pas le lâcher. Pour l'instant, il est 15h sur la plage de Manaccora. Cette nuit, je me relèverai peut-être pour le finir si la pleine lune me réveille.
Vont-ils s'en sortir les protagonistes? C'est un de ses textes les plus profonds, l'écrivain est arrivé à sa maturité dans sa réflexion sur la vie et les êtres qui l'entourent. Son roman me surprend par son rythme, il est formidable.
Oui Olivia, j'ai repris le blog. Je ne sais pas si je tiendrai moi le rythme.
C'est amusant que tu nous demandes de dédicacer Une vie de pintade à Paris, Layla Lemay et Laure Watrin, éd. Calmann-Lévy.
Nous sommes surprises Maryline et moi d'y être mentionnées comme libraires.
Gamine poussée trop vite, aux jambes et aux bras trop maigres, ma mère me surnommait "Ma grande dinde".
Se serait-elle trompée elle aussi?
Je vais me couper les cheveux ce soir, ai-je dit à Maryline.
Mais non, il faut le faire lorsque la lune monte, m'a t-elle répondu.
Ma grand-mère se trompait donc, je m'en rends compte chaque jour.
Elle disait aussi que la vie n'est pas mieux que les romans.
C'est peut-être pour cette raison que je suis libraire.
Annie Cohen nous a envoyé son dernier texte court paru aux éditions Zulma,
L'Alfa Romeo. En ouvrant l'enveloppe, la jolie couverture était déjà un cadeau, mieux qu'une boîte de chocolat. J'ai toujours aimé son écriture pleine d'émotions fines. Souvent, je l'ai imaginée assise à son bureau écrivant des heures durant.
En fin d'après-midi, Philippe Jaenada est passé devant la librairie. Il m'a fait une bise que je lui ai retournée joyeusement sur ses joues brunes et piquantes. Il nous a offert son nouveau roman, Plage de Manaccora, 16h30 qui sortira le 20 janvier chez Grasset. Il était inquiet se savoir si nous l'aimerions.
Je suis page 173 et je ne peux pas le lâcher. Pour l'instant, il est 15h sur la plage de Manaccora. Cette nuit, je me relèverai peut-être pour le finir si la pleine lune me réveille.
Vont-ils s'en sortir les protagonistes? C'est un de ses textes les plus profonds, l'écrivain est arrivé à sa maturité dans sa réflexion sur la vie et les êtres qui l'entourent. Son roman me surprend par son rythme, il est formidable.
Oui Olivia, j'ai repris le blog. Je ne sais pas si je tiendrai moi le rythme.
C'est amusant que tu nous demandes de dédicacer Une vie de pintade à Paris, Layla Lemay et Laure Watrin, éd. Calmann-Lévy.
Nous sommes surprises Maryline et moi d'y être mentionnées comme libraires.
Gamine poussée trop vite, aux jambes et aux bras trop maigres, ma mère me surnommait "Ma grande dinde".
Se serait-elle trompée elle aussi?
08 janvier 2009
Bonne année!
Le canal Saint-Martin est recouvert d'une pellicule de glace sur laquelle la neige s'est posée.
Il est beau ainsi tout blanc.
Dehors, il fait - 5 degrés , la librairie est bien chauffée mais notre porte d'entrée ferme mal.
Dix fois par jour, nous hurlons"LA POOOORTE" s'il-vous-plaît!
La station de Métro Louis Blanc a encore sa décoration de Noël , la façade de la librairie a encore sa guirlande éclairée. Il faudra bientôt la retirer. La période des fêtes est finie.
Commence la période des soldes.
Je suis toujours étonnée qu'on nous demande si nous soldons nos livres. Peut-être qu'un jour, une loi le permettra. Tout change si vite.
La deuxième rentrée littéraire arrive. Nous retournons les invendus de la première, les beaux livres de fin d'année. C'est le rituel, le chassé croisé.
Je me souviens que la première année où Maryline était libraire, elle avait de la peine à retourner certains bons livres de certains bons auteurs et les achetait.
Aujourd'hui, nous sommes devenues impitoyables dans un monde impitoyable. Notre taux de rotation est digne d'un bon élève ayant bien appris le métier à l'école, nous sommes devenues de correctes gestionnaires de stock. J'aimerais avoir les moyens de ne pas l'être.
Cette année, nous fêterons les dix ans de la librairie. Lorsque je l'avais ouverte le 1er avril 1999, mes amis croyaient que c'était une blague.
Dix ans déjà! Mes filles étaient toutes petites et venaient faire leurs devoirs dans le sous-sol. Des rires d'enfants montaient par l'escalier...
Nous avons reçu aujourd'hui le livre de Marie Mahéo, Complainte pour un HLM, éd. Seuil. Elle habite notre quartier.
Nous avons ri des lettres que Marie Mahéo a envoyées au maire de notre arrondissement pour obtenir un HLM. Elle est drôle, originale, avec une âme d'artiste. Elle habite avec son fils de 15 ans dans 27 m2 depuis 10 ans. Si elle vend des milliers d'exemplaires de son livre, elle pourra s'offrir un appartement plus grand.
Soyez chics, achetez son livre.
*Merci pour vos bons voeux auxquels je tarde à répondre mais je suis très paresseuse , merci pour les chocolats, les fleurs...votre fidélité, votre amitié pour vos libraires. Par ces temps glacés, ça nous réchauffe le coeur.
De tout coeur, de gaieté de coeur, toutes les deux en coeur, nous vous souhaitons une très bonne année à tous !
Vos têtes de litote,
Corinne...et Maryline à côté de moi,
Il est beau ainsi tout blanc.
Dehors, il fait - 5 degrés , la librairie est bien chauffée mais notre porte d'entrée ferme mal.
Dix fois par jour, nous hurlons"LA POOOORTE" s'il-vous-plaît!
La station de Métro Louis Blanc a encore sa décoration de Noël , la façade de la librairie a encore sa guirlande éclairée. Il faudra bientôt la retirer. La période des fêtes est finie.
Commence la période des soldes.
Je suis toujours étonnée qu'on nous demande si nous soldons nos livres. Peut-être qu'un jour, une loi le permettra. Tout change si vite.
La deuxième rentrée littéraire arrive. Nous retournons les invendus de la première, les beaux livres de fin d'année. C'est le rituel, le chassé croisé.
Je me souviens que la première année où Maryline était libraire, elle avait de la peine à retourner certains bons livres de certains bons auteurs et les achetait.
Aujourd'hui, nous sommes devenues impitoyables dans un monde impitoyable. Notre taux de rotation est digne d'un bon élève ayant bien appris le métier à l'école, nous sommes devenues de correctes gestionnaires de stock. J'aimerais avoir les moyens de ne pas l'être.
Cette année, nous fêterons les dix ans de la librairie. Lorsque je l'avais ouverte le 1er avril 1999, mes amis croyaient que c'était une blague.
Dix ans déjà! Mes filles étaient toutes petites et venaient faire leurs devoirs dans le sous-sol. Des rires d'enfants montaient par l'escalier...
Nous avons reçu aujourd'hui le livre de Marie Mahéo, Complainte pour un HLM, éd. Seuil. Elle habite notre quartier.
Nous avons ri des lettres que Marie Mahéo a envoyées au maire de notre arrondissement pour obtenir un HLM. Elle est drôle, originale, avec une âme d'artiste. Elle habite avec son fils de 15 ans dans 27 m2 depuis 10 ans. Si elle vend des milliers d'exemplaires de son livre, elle pourra s'offrir un appartement plus grand.
Soyez chics, achetez son livre.
*Merci pour vos bons voeux auxquels je tarde à répondre mais je suis très paresseuse , merci pour les chocolats, les fleurs...votre fidélité, votre amitié pour vos libraires. Par ces temps glacés, ça nous réchauffe le coeur.
De tout coeur, de gaieté de coeur, toutes les deux en coeur, nous vous souhaitons une très bonne année à tous !
Vos têtes de litote,
Corinne...et Maryline à côté de moi,
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