15 mars 2008

Un samedi pluvieux

"Vos clients sont pluvieux", nous a dit aujourd'hui un de nos clients rigolos.

Il crachinait pas mal sur la capitale cet après-midi. Le temps n'a pourtant pas empêché nos clients de venir nombreux.
Bizarre, s'est-on fait la remarque avec Maryline. Les années précédentes , nous avions plutôt l'impression que notre clientèle allait dans la plus grande librairie de France à savoir le salon du livre.

Nos clients n'étaient pas plus vieux aujourd'hui que les autres jours.
Un adorable bonhomme de 7 ans nous a demandé d'une voix claire un livre pour une jeune femme "d'environ 41 ans". C'était l'anniversaire de sa maman. Nous avons hésité entre La consolante d'Anna Gavalda, éd. Le Dilettante ou le dernier Russell Banks, La réserve, éd. Actes Sud. Comme il était mignon!

Un autre petit bonhomme de 3 ans ,catégorie explorateur, nous a causé une belle frayeur en descendant silencieusement l'escalier qui mène à notre sous-sol. Nous avions oublié la barrière!

Pas un jour sans que nos clients nous demandent si la librairie se porte bien. Nos clients se doutent qu'avec Internet,les changements dans les comportements d'achat nous atteignent. La vente en ligne croît de 27% par an. Nous sommes dans un monde en pleine mutation et y assistons impuissantes mais prévenues. Que devrions-nous faire, nous librairie microbe pour ne pas contempler cette révolution sans jouer le rôle du perdant?

Peut-on imaginer une ville sans librairies, sans magasins? Les habitants de notre quartier sont heureux d'avoir un contact humain, de parler de livres et de tout le toutim, une vitrine gaie et vivante éclairée le soir, des libraires rigolotes même si pas toujours au top.

Le monde sera triste lorsqu'on fera ses courses devant son ordinateur, lorsque les villes seront désertées par les commerçants. Le monde sera sinistre lorsqu'on lira les livres sur I-Truc ou Kindle-machin version 12.00.
Un client nous a fait rire en nous prédisant un avenir comparable à celui des épiciers arabes.
L'acte d'achat va devenir un acte de conscience.

Géraldine est entrée avec une amie et hier, une autre lectrice du blog habitant au Liban est venue nous voir. Je suis toujours très heureuse que des lectrices de nos aventures aient envie de nous rencontrer. C'est réellement une surprise cette gentillesse et si humain.
Internet est magique aussi. D'un clic, on a tout: les objets, les livres épuisés, les clients, les amis, les amours du monde entier.

Jeudi prochain, nous recevrons M. Hubert Nyssen à partir de 18h. Il viendra nous lire des passages de son dernier roman Les déchirements, éd. Actes Sud. Ce sera litote en fête!

4 commentaires:

Stéphanie a dit…

Que faire pour résister à la vente en ligne ? continuer à être de vraies libraires et pas seulement un dépôt vente comme tant d'autres... mettez en avant vos coups de cœur, lisez pour vous et pour conseiller vos clients.

Regardeuse a dit…

Bonjour ! Absolument fan de votre blog. Plus qu'un repère ou une source d'informations, c'est bel et bien un petit bonheur qui ponctue mes journées.
Trop loin de vous pour vous rendre visite mais qui sait... si un jour je fait un crochet par Paris...
A bientôt alors ?

Cuné a dit…

(Prévoyez un matelas au sol jeudi prochain en cas de nouvel évanouissement... ;o))
J'espère avoir la joie de voir des photos en ligne ici-même, comme à sa dernière visite, c'était fort apprécié !
Et je suis très heureuse également que ce blog continue, pour encore très longtemps, je le souhaite !

Anonyme a dit…

Bonjour ! (comme on dit quand on rentre dans un magasin), je vous découvre (merci Stratégies !) et vous approuve déjà. Après avoir dû renoncer à acheter des disques chez les disquaires (il y a bien longtemps), je ne veux pas être obligée d'aller chez Carref....ou Monop... pour y trouver des livres, car de découvertes il n'y aura point (entre culture -curiosité - diversité et marketing la lutte est perdue d'avance). Merci aux libraires de croire en leur avenir, merci aux éditeurs (les "petits") de se battre pour continuer. La lecture est l'un de mes plus vieux et plus fidèles plaisir et pourvu qu'ça dure !
Zaza