06 novembre 2007

Prix Goncourt

Le prix Goncourt est attribué à Gilles Leroy pour Alabama Song , éd. Mercure de France ,le prix Renaudot à Daniel Pennac pour Chagrin d'école, éd. Gallimard, le prix Renaudot essai à Olivier Germain-Thomas pour Le Bénarès- Kyoto, éd. Le Rocher.

Pour nous à la librairie, les commandes sont déjà passées en amont avec les représentants de chaque maison d'édition. Nous devrions recevoir en fin de semaine les livres primés avec les bandeaux annonçant le prix. A la fin du mois, la vitrine sera pleine de livres avec des bandeaux rouges. D'ailleurs, les éditeurs ont compris qu'un bandeau faisait vendre ou accrochait au moins l'oeil du potentiel acheteur.
Les mots sur les bandeaux sont parfois sans intérêt, on les enlève.
Je me demande s'il existe une machine pour les poser.Petite pensée pour les poseurs de bandeaux.

Pour la plupart de nos clients, le prix Goncourt n'est plus un gage de qualité.Ils l'achèteront s'ils ont entendu du bien du roman. On assiste même au phénomène inverse, certains ne l'achètent pas parce qu'il a eu le célèbre prix.
Nos clients avertis font plus confiance aux prix donnés par des lecteurs comme le prix du livre Inter.
N'empêche, le prix fait vendre quand même.
Mais pour d'autres, le prix Goncourt est comme une prescription. Pour les cadeaux de Noël, c'est pratique. On peut l'offrir sans trop se poser de questions.
Ce matin, on nous a questionné sur ce roman:
-"Alors, il est bon cette année le prix Goncourt?"
Comme nous ne l'avions pas lu, nous avons dit ce que nous en ont dit certains clients: le roman est pas mal.
Nous en avons vendu deux ou trois exemplaires aujourd'hui.
A noter: on vend aussi La mort du papillon de Pietro Citati sur le même sujet(l'histoire de Zelda, l'épouse de l'écrivain Scott Fitzgerald) paru aussi chez Gallimard.

Ce sera une belle année pour cet éditeur.
C'est un peu le hic, tous les prix chez cet éditeur...Le Mercure de France est une filiale du groupe Gallimard et ce dernier détient 34% du capital des éd. du Rocher.
Ca chougne dans le milieu!
Maryline et moi aurions bien aimé voir Michèle Lesbre récompensée pour son roman Le canapé rouge. Mais paru chez Sabine Wespieser, l'auteur n'avait pas sa chance.
De ne pas avoir cette chance est injuste. Chagrin de libraire.

Je n'ai pas entendu parler du prix "Quinze minutes plus tard" accordé l'année dernière 15 minutes après le prix Goncourt sur le trottoir d'en face.
L'année dernière, Héléna Marienské, auteur de Rhésus, paru chez P.O.L avait eu ce prix...C'était une idée amusante.

Nous, prix ou pas prix, on continue de défendre ceux qu'on aime.

4 commentaires:

Frédérique a dit…

Les libraires magnifiques, ça n'a pas de prix !
Mais que font les auteurs ?
Pour se guérir des prix et de leur danses macabres lire le dernier Jean Duvignaud "Le jeu de l'oie"

extraits:
Là commence le piège ou le danger: donner à la trame de ce qu'on écrit le confort d'une adhésion commune, "normale" acceptable par les contrôleurs de la bienséance rationnelle-convaincre, persuader, se faire reconnaître...
Le livre n'est jamais - ou ne devrait être-l'exhibition d'une satisfaction d'être.

A bientôt Frédérique

litote en tête a dit…

Frédérique Deghelt, merci pour l'extrait du texte de Jean Duvignaud et votre lecture régulière de notre blog.
En lisant le vôtre tout-à-l'heure, je vous ai envié d'avoir habité quelques jours dans un arbre...
A bientôt, oui!
Co

Anonyme a dit…

terre des oublis prix des lectrices elle 2007. Ce livre est rès beau, tout le monde me ledit, je l'ai acheté et commencé et n'arrive "à y rentrer". Il faut que je le lise pourtant ! Car c'est vraiment frustant de se dire qu'il y a un joyau à découvrir et qu'on n'y arrive pas !
B

Stéphanie a dit…

cela serait une jolie profession poseur de bandeau :)
un peu saisonnière également!

malheureusement, il y a bien des machines pour faire cela!