30 janvier 2007

Jouez les critiques littéraires ?


Comme tous les ans à la même date, c’est le lancement, ce matin, de l’appel à candidature pour le jury du prix Inter. Vous connaissez sans doute le principe, envoyer une lettre en racontant sa passion pour la lecture. Quelle est la teneur des lettres retenues, quel genre de témoignage peut émouvoir les sélectionneurs ? Les lettres ne sont pas publiées et chacun emporte son petit secret. Je me souviens avoir participé à ce jury il y a quinze ans. Ma lettre ne devait pas dépasser les vingt ou trente lignes et avait été rédigée sur un coin de table. J’ai reçu dix livres que j’ai lus consciencieusement ; un seul m’est tombé des mains après quelques centaines de pages de souffrance – il y en avait encore plusieurs centaines avant d’arriver au bout ! – « Les femmes » de Philippe Solers. Ai-je bien lu à l’époque ? Je n’y ai vu que le déballage machiste d’un homme ayant un compte à régler avec les femmes. Depuis, je me suis régalé avec le Dictionnaire amoureux de Venise ! Allez comprendre !
Fort de ma première sélection au jury du prix Inter, j’ai récidivé tous les ans, mais là sans succès. C’est un véritable casse-tête et j’essaye tellement d’être convaincant que cela doit sentir son exercice dix fois remanié. C’est difficile d’être simple, clair et d’exprimer au plus juste sa pensée et l’écriture d’un blog n’échappe pas à cette prise de tête ! Pour les apprentis écrivains, c’est sûrement un bon exercice. Bref, venez tenter votre chance. Imaginez que nous soyons plusieurs parmi les lecteurs du blog de Litote à être sélectionnés ! Nous fêterons cela chez Corinne et Marilyn et on fera une pub d’enfer à nos deux libraires préférées. Demain, je publierai ma énième tentative, ne serait-ce que pour vous donner du courage.
L’exercice d’introspection est fini pour aujourd’hui, il est plus de midi et je file à la BIUM ; quésaco ? C’est la Bibliothèque Inter-Universitaire de Médecine, rue de l’École de Médecine, dans le 5e arrondissement. La semaine dernière, j’ai parcouru deux thèses de médecine ; celle de Céline sur la vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1818-1865), chirurgien autrichien à la maternité de Vienne, hygiéniste avant l’heure, incompris de ces pairs, et celle de Clemenceau, traitant De la génération des éléments anatomiques. Qui sincèrement, d’entre vous, savait que notre éditorialiste de « J‘accuse », dit le « Premier flic de France », dit le « Père la Victoire », surnommé « le Tigre » était médecin et …académicien ?
Pour achever de votre étonner, je vous livre un scoop ; Le Dr Petiot a fait ses études à Rennes, a passé, semble-t-il, sa thèse à Paris, mais celle-ci a disparu ou n’a tout simplement jamais existé ! L’émotion est vive à la BIUM où l’on continue à chercher parmi les 112 500 thèses conservées !
À demain
Le cousin

1 commentaire:

Cuné a dit…

Ca y est, ma tentative est rédigée est postée, je joue aussi ! :-D
Par contre, je me garderais bien de publier ma lettre, toute simple, rédigée sur un coin de table dans un jet de sincérité non censurée, pour appeler la chance. Mais je me rejouis de lire la vôtre demain !