29 avril 2009

Les dessous de l'en tête

Après le rat de bibliothèque, j'ai l'insigne honneur de m'auto-proclamer la belette de librairie.
Depuis un peu plus d'un mois j'observe et analyse, scrute et conclusionne, aperçois et interprète les moindres faits et gestes qui rythment la vie de la librairie.

Et je constate que les libraires ne sont pas moins passionnantes que les client(e)s : la librairie est une microsociété.
La porte de la librairie, d'ailleurs très prisée pour son affiche, s'anime de façons diverses : à la volée, assaillant du même coup le présentoir des cartes postales, de façon timide, indécise, décidée, résignée...non, pas résignée.

Hier nous sommes passés à deux doigts du statut d'abri anti-grêle, ce qui a été mis à profit, étant donné que l'évènement a légitimé une tasse de café fumant!

Les cartons affluent mais sont rapidement éventrés en quête d'une nouveauté, d'une commande client ou... pour faire un peu de place.

La librairie est plutôt calme en ce moment, et j'en profite pour développer mes compétences en logiciel de gestion informatique : ainsi je suis passé en dessous du seuil de la demi heure pour passer une commande ou consulter la base de données.

Ma seule hantise est le rayon jeunesse, et je me recroqueville lorsqu'on me demande un conseil pour un album : mais petit à petit le rayon se dévoile et je commence à connaître quelques incontournables.

Ah, une chose essentielle, j'ai noté une baisse de l'étonnement caractéristique des clients lorsque je les appelle pour leur signaler l'arrivée de leur commande : "Vous avez dit Litote en Tête? Vous êtes sur?" En effet la librairie les a habitués à une voix téléphonique plus...féminine ("et il dit que cela était bon").

Bonne journée !

24 avril 2009

Vendredi , réunion à la mairie

Avec les plus assidus des membres de l'association des commerçants du haut du faubourg Saint-Martin, nous allons régulièrement à la mairie du Xème.
Nous préparons le pique-nique du dimanche 17 mai qui se tiendra rue Alexandre Parodi.
Nous fêterons les beaux jours et aussi les 10 ans de la librairie.
Ce n'est pas une mince affaire que d'avoir les autorisations d'occupation de la voie publique, de trouver des tables, des chaises, de les faire venir, installer, déménager, de communiquer, de trouver des sous...

Croyez-moi, ça nous occupe.

Nous avons eu la visite d'une représentante ( Cartothèque) tellement charmante que nous avons choisi plein de trucs dans son catalogue qui n'ont pas forcément de rapport avec ce que nous vendons. Vous verrez...

A un moment, devant l'étendue de ma commande, j'ai dit "ça m'effraie", elle a répondu "Mais non, c'est à mes frais..."
Je ne suis pas la seule à être un peu sourde et c'est tant mieux.

Un jeune collégien nous a fait remarquer que Jacques le Fataliste de Diderot était moins cher que l'Alcools... d'Apollinaire.

Une petite fille est entrée en nous disant qu'elle venait voir le livre qu'elle achèterait demain.

En milieu de journée, j'ai cru que Maryline cherchait ses lunettes.
Mais en fait, elle cherchait le livre de Martha Lear , Mais où sont passées mes lunettes, éd. Belfond, qu'un cliente avait commandé.

Tristan, notre stagiaire, emploie une expression qui m'allait bien aujourd'hui: "je suis une quiche".

21 avril 2009

Vacances scolaires

Je rentre de vacances.

Le premier qui dit encore...


Pas la foule cette semaine, m'ont raconté ce matin Maryline et Tristan.
La Sodis commence à rattraper son retard. C'est la cata avec le changement de leur système informatique.
Deux clients de suite ont trouvé que nous étions "une vraie librairie".
Bien, ai-je pensé mais ils faudrait qu'ils soient plus que deux...
Le quartier est calme, nos clients sont encore en vacances.


J'ai trouvé que notre stagiaire Tristan avait la mine pâlichonne, que la librairie n'était pas trop mal rangée, que ô merveille, nos deux transfo en panne avaient été changés par un gentil, très très gentil client ami.
En prenant connaissance du courrier de la semaine, une invitation à un "cocktail déjeunatoire" m'a fait sourire.

J'ai lu deux bons livres cette semaine :
A l'abri du sirocco, de Domenico Campana, coll. piccolo, éd. Liana Levi
L'histoire d'Edgar Sawtelle, de David Wroblewski, éd. Jean-Claude Lattès.
Ce dernier livre faisant 600 pages et une "édition spéciale" m'ayant été offerte au salon du livre, j'ai découpé le livre trop lourd de façon à avoir toujours quelques chapitres sur moi pour poursuivre l'histoire dès que j'avais quelques minutes dans la journée.
Mes amis en vacances ont été horrifiés par mon découpage barbare du livre.
Je n'attache plus d'importance à garder un livre, encore moins une édition spéciale pour libraire.
Et pourtant, je me souviens d'une époque pas si lointaine où je n'arrivais même pas à écrire sur une page, où la vue d'une couverture un peu cornée, d'une page froissée me déplaisait au plus haut point.




07 avril 2009

Mardi après la signature

Nous avons laissé le livre de Laurent Gaudé, La Porte des Enfers en vitrine. Le hasard a voulu que l'un d'entre nous place le catalogue de l'exposition Les Portes du Ciel juste à côté (...Visions du monde dans l'Egypte ancienne, éd. Somogy, expo au Musée du Louvre)

A un client qui nous achetait une pile de livres et à qui je demandais s'il partait en vacances....je me suis vu répondre:-"Non, c'est pour la journée!"
Je lui ai claironné un joyeux "A demain !" un peu nouille.

Une cliente nous a dit qu'elle reviendrait chercher Je reviens te chercher, de Guillaume Musso, en Pocket.

A 14h, la faim justifiant les moyens, j'ai éteint les lumières de la vitrine un peu rapidement. Le client qui hésitait à entrer a filé. Je ne devrais pas faire ça.

Monsieur R. a renversé l'eau des fleurs offertes pour la signature de Laurent Gaudé. Nous avons épongé le bureau, miraculeusement , aucun livre n'avait été mouillé. Pour détendre l'atmosphère, nous lui avons montré le livre de Jean-Michel Reynard, L'Eau des fleurs, éd. Lignes et Manifeste. Il l'a acheté.

Une cliente n'ai pas voulu de sac plastique malgré le ciel menaçant. Elle nous a expliqué qu'ils étouffaient les baleines.

Bien aimé le livre de Grégoire Polet, Chucho, éd. Gallimard.
Vu l'exposition Controverses à la Bibliothèque Nationale. Certaines photographies sont inoubliables et effroyables.
Catalogue de l'exposition Controverses, de Daniel Girardin et Christian Pirker, éd. Actes Sud.

05 avril 2009

Signature Laurent Gaudé

Laurent Gaudé est venu dédicacer La Porte des Enfers, son dernier roman paru aux éd. Actes Sud ainsi que La Tribu de Malgoumi, un album pour la jeunesse illustré par Frédéric Stehr.

Il est arrivé en scooter, avec un casque sous le bras et un autre casque... de cheveux.
Incroyable cette chevelure!
C'est une curieuse réflexion pour une libraire mais que vous dire d'autre, c'est un bon écrivain, tout le monde le sait, il a déjà obtenu le Prix Goncourt en 2004 pour Le Soleil des Scorta et le Prix Goncourt des lycéens pour La Mort du roi Tsongor en 2002. C'était la première fois que les éditions Actes Sud obtenaient le prix Goncourt. Ses pièces de théâtre sont jouées partout en France. Lundi soir, au théâtre de l'Odéon, Dominique Blanc lira Sodome ma douce.
Pour fêter les dix ans de la librairie, nous étions heureuses Maryline et moi qu'il accepte de venir dans notre petite librairie.
Et le journal Libération avait mentionné sa venue.


La chevelure de Laurent...
Le sourire de Laurent...
Maryline et Laurent...Qu'est-ce qu'ils se racontaient?
Monsieur M. avec Laurent
Ma voisine Hélène choux avec Laurent

J'avais oublié de recharger la batterie de mon appareil photo, c'est donc avec l'appareil photo d' une amie que j'ai réussi par miracle à prendre ces photos en fin de signature. Quelle tête de litote!
On ne se refait pas, disait ma grand-mère. Et bien moi, je voudrais me refaire.

Une cliente a fait remarquer à l'auteur que le sujet de son livre était difficile, il a répondu que pour lui La Mort du roi Tsongor l'était beaucoup plus à son avis, les protagonistes mourant tous à la fin.

L'écrivain s'est inquiété de savoir si la recette avait été bonne grâce à sa venue, ce qui est un signe d'attention extrême pour les libraires fauchées que nous sommes (et serons toujours).
Il a tenu à nous acheter Dieu un animal de Jérôme Ferrari, éd. Actes Sud , nous voulions lui offrir mais il a absolument voulu régler son livre.
L'auteur(e) Frédérique Deghelt nous avait déjà parlé de ce roman.

Une jeune femme a eu beaucoup de mal à lui parler sans rougir tant elle adorait cet écrivain. Elle nous avait prévenu que c'était son idole et qu'elle avait tout lu de lui. Le hasard avait voulu qu'elle fasse des achats ce jour-là dans notre librairie et voie l'affiche. Elle n'en revenait pas.

Tous nos clients ont trouvé cet écrivain charmant.
D'autres mots encore plus élogieux ne me reviennent pas et je ne voudrais pas les transcrire maladroitement.

Il a bu dans un verre en verre que nous n'avons pas lavé.
Je n'ai pas osé lui demander son adresse.

01 avril 2009

Laurent Gaudé viendra jeudi 2 avril à partir de 18h...

Laurent Gaudé viendra après-demain jeudi 2 avril à partir de 18h rencontrer ses lecteurs
à l'occasion de la parution de son roman La Porte des Enfers,
paru aux éditions Actes Sud.

Comme d'habitude, nous comptons sur vous.


Un client nous a demandé s'il venait toute la journée...

Une cliente nous a dit:
-"Super, on m'a prêté le livre, je vais pouvoir le rendre dédicacé."